Portrait Fabien Jourdan

Fabien Jourdan, un bioinformaticien au plus près de son équipe et des petites molécules !

Fabien Jourdan, directeur de recherche INRAE au sein de l’unité Toxicologie Alimentaire (Toxalim), étudie les réseaux métaboliques pour modéliser l’impact des contaminants alimentaires sur le métabolisme humain.

Comment êtes-vous arrivé à INRAE ?

F.J. : « Après une formation en informatique et une thèse de doctorat qui m’a amené à m’intéresser aux réseaux biologiques, j’ai obtenu un concours INRAE pour un poste de chargé de recherche dans le domaine des réseaux métaboliques à l’unité Toxalim. »

Quelles sont vos missions principales ?

F.J. : « Je suis co-responsable de l’équipe Métabolisme et Xénobiotiques (MeX) qui étudie les effets métaboliques des contaminants alimentaires. En particulier l'impact sur la santé de molécules pouvant migrer dans les aliments, en considérant les doses auxquelles ils peuvent être apportés aux consommateurs via leur alimentation. Je dirige un groupe d'une quinzaine de personnes, composé de spécialistes en bio-informatique et modélisation, dont trois doctorantes.
Mon objectif est d'utiliser les réseaux métaboliques, qui représentent l'ensemble des réactions biologiques permettant à notre corps de produire de l'énergie et les composés essentiels au maintien et à la croissance des cellules, pour modéliser l’impact des contaminants alimentaires sur le métabolisme humain.
Mon travail consiste à développer et appliquer des algorithmes pour exploiter de données expérimentales telles que celles de la métabolomique (ou transcriptomiques) afin d'identifier les parties du métabolisme de l'organisme affectées par des perturbations génétiques ou environnementales. Mon équipe s’appuie sur l'ensemble de la littérature scientifique, des informations chimiques sur les molécules et des données sur les maladies pour développer des algorithmes pour mieux comprendre ces données. Ces outils sont mis à la disposition de la communauté scientifique internationale, gratuitement, notamment via l’outil que nous avons développé, nommé MetExplore, pour interpréter leurs données omiques.
Outre la science, ce qui me plait, c’est aussi l’aspect humain : veiller à ce que le collectif prenne plaisir à travailler ensemble et encourager la promotion des jeunes talents. J’essaie d’appliquer la devise qui reflète parfaitement cette vision : "Seul, on va plus vite ; ensemble, on va plus loin !"

Depuis 2021, je suis directeur de l’infrastructure nationale de métabolomique et fluxomique, MetaboHUB, qui regroupe six pôles régionaux et 150 agents répartis à travers la France. Ma mission consiste à coordonner le programme scientifique afin d’étudier le métabolisme, développer des méthodes, et explorer des applications dans différents domaines, notamment chez l’homme, mais aussi dans les plantes et les biotechnologies.
MetaboHUB a vu le jour en 2013, et j'ai eu la chance de participer à sa création. J’ai animé un work package pendant plusieurs années, avant qu'on ne me sollicite pour reprendre la direction. Ce projet est humainement très enrichissant, et c'est ce qui me plaît particulièrement.
Enfin, depuis le 1er janvier 2025, nous avons créé sur le centre de Toulouse une unité mixte de service (UMS Metabohub-Core), dédiée à la coordination de l’infrastructure, et dont je suis le directeur. L’objectif est de pérenniser l’infrastructure, d’accroître sa visibilité, et de faciliter sa coordination pour la rendre plus efficace, afin que nos recherches soient davantage visibles à l’international, notamment en Europe. »

Quelles sont vos missions complémentaires ?

F.J. : « Je dispense une formation gratuite sur l’outil que nous avons développé MetExplore, tant en France qu’à l’étranger. Cette formation inclut la création de supports pédagogiques, ainsi que des cours et des travaux pratiques sur l’outil.
Je suis également investi dans l'animation de réseaux scientifiques. J'ai été président du réseau francophone de métabolomique et de fluxomique de 2015 à 2019. Mon rôle consistait à promouvoir ce domaine, à accompagner les jeunes chercheurs et chercheuses dans le début de leur carrière, et à organiser un congrès annuel, dont un événement européen à Toulouse en 2020.
Enfin, je fais partie de la cellule de direction du département « alimentation humaine », où je suis en charge de l'animation de la partie recherche numérique. »

Et après le bureau ?

F.J. : « Entre la course à pied, la randonnée et le golf, la plongée, mes activités après le travail sont nombreuses, mais il est parfois difficile de trouver le temps de m'y adonner régulièrement. En effet, mon fils, qui a 1 an, occupe une grande partie de mon emploi du temps, c'est naturellement ma priorité et je m'en réjouis ! »

Mini CV

2025 : Directeur de l’unité mixte de service Metabohub-Core, INRAE Occitanie-Toulouse
2021 : Directeur de l'infrastructure nationale française de métabolomique et de fluxomique
2017 : Directeur de recherche, INRAE Occitanie-Toulouse, TOXALIM, Toulouse.
2015 : HDR (Habilitation à Diriger des Recherches), Université Paul Sabatier, Toulouse.
2005 : Chercheur, INRAE Occitanie-Toulouse, TOXALIM, Toulouse.
2004 : Thèse de doctorat, Université Montpellier 2.
2001 : Maîtrise en informatique Université Montpellier 2,